ArtSites.ch espace d’artistes contemporains
Zaric
L’homme
et l’animal sont au centre de l’œuvre de Zaric. Les liens
tissés entre l’homme et l’animal, de la chasse à la cohabitation,
de l’appropriation symbolique à la consommation, de l’amour de la
peluche domestiquée à la nostalgie de la bête sauvage, autant de pistes et de
lectures qui habitent son travail.
Zaric
modèle l’argile à l’aide d’ustensiles tranchants, en saisit
la forme dans un moule en plâtre avant de tirer la pièce définitive en ciment.
De leur genèse, ses sculptures gardent la trace de l’outil, les sutures
du moulage ou les restes adhérents de plâtre que l’on retrouve dans le
ciment noir aux nuances polychromes.
Sensible
à la mise en situation, il associe ses sculptures à des socles monolithiques en
bois massif. Intégrés au paysage et à l’environnement bâti, ses
installations in situ de tirages en ciment polychrome alliés au bois façonné de
manière minimale, permettent une nouvelle lecture des éléments architecturaux
et paysagers.
Dans le
quotidien soumis aux rugissements, où chaque appel bruyant supplante et annule
le précédent, la sculpture est une amarre. Plus que jamais, j’ai la
conviction que l’on a besoin de se rattacher à des œuvres habitées,
de celles qui offrent l’hospitalité, transmettent la paix. De celles qui
appellent au partage d’une vision poétique, qui incarnent un respect de
soi oublié, confirmant que la vie était, et demeure, un don.
Zaric
Je travaille
l’argile que je pétris, taille, incise et frappe. Je tends ainsi ses
volumes et lui donne sa forme de vie. Matière première, cet argile, retiré à sa
glaisière d’Ile de France, dite «Terre de Paris», offre son
exceptionnelle plasticité au modelage.
Lorsque ma
pièce est aboutie, qu’il n’y a plus rien ni à ajouter, ni à
retirer, je la fige dans un moule de plâtre. Après la prise du plâtre, le moule
est ouvert et déposé. La figure est coupée, tranchée, détruite, la terre
retourne dans les bacs qui la garderont humide, elle rejoint les restes dépecés
de mes figures précédentes en attendant de renaître sous une forme nouvelle.
Le moule en
pièces, chrysalide ouverte, enveloppe éclatée contient l’exacte
contre-empreinte de ma forme modelée. C’est dans ce négatif en plâtre que
j’applique la patine à base de pigments. Puis est estampé le mortier,
fait de ciment noir et de sable à granulométrie variables, qui, en se figeant,
épousera les infimes détails que le plâtre aura pris à la glaise.
Plusieurs
jours, le ciment va prendre, la pétrification s’opérer, soutirer au moule
l’âme de la figure et faire sienne la patine. Vient alors le
démoulage : la figure pétrifiée extraite de son cocon dévoile la chair d’un
hallucinant renouveau, révèle la forme aboutie.
Le travail de
la matière est une des raisons d’être fondamentale de mon œuvre. A
travers toutes ces phases successives, je le réalise — avec le souci de sublimer le travail artisanal par une
connaissance intime — une connivence poétique avec la matière, que ce soit l’argile,
le plâtre ou le ciment.
Et je tiens à
ce que mes pièces gardent la trace de
ces métamorphoses successives, afin qu’elles témoignent de l’outil, des coutures du
moulage, restes de plâtre et
imperfections. Ce témoignage, je le mets au profit de ma figuration, pour
nourrir humanité de mes œuvres: pour
rappeler qu’elles ont été
faites de main d’homme.
Zaric 2004
Zaric

Me, myself and I, 1/3, ciment polychrome, 2008personnage au costard à têtes de lièvre, d'âne et de cochon, interchangeables
(photo
Lionel Henriod)
Zaric

Anehomme, ciment polychrome 1/3, 93 x 22 x
Photo : Kissling
Zaric

Vue exposition Centre culturel de Montreux, 2002
Photo : zaric
Zaric

La course du lièvre, ciment polychrome, tilleul et fer, EA 1, 2002
Etude, fusain sur papier cartonné, 2002
photo : zaric
Zaric

Le passeur, ciment polychrome, bois de chêne et d'aulne, fer.
Installation sur le giratoire de la route de Vandoeuvres, Cologny
photo : zaric