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Maurice Castella

« Peintures »

En clair-obscur, la figure humaine selon Castella 

  

BEAUX-ARTS. Le peintre genevois expose à la Ferme de la Chapelle de Lancy. 

   

Laurence Chauvy

Jeudi 2 juin 2005

Rubrique: Culture  

  

La peinture de Maurice Castella, telle qu'elle se voit exposée à la Ferme de la Chapelle à Lancy (GE), comporte pour unique sujet la figure humaine. Le peintre, qui a suivi l'Ecole supérieure d'art visuel au début des années 1980, isole une silhouette sur la toile ou le papier. Ou alors, il la multiplie, crée une foule, tantôt ordonnée, tantôt désorganisée, comme des quilles qu'une boule viendrait déstabiliser et faire tomber en tous sens.

  

La palette est limitée aux fonds sombres, qui font ressortir la clarté du motif. Le résultat fait penser aux images obtenues par ultrasons ou par résonance magnétique. On y lit une radiographie de l'humain: «S'il est une réalité de l'homme qu'on cache sous une forme première et intime, il y a des formes de l'expression artistique qui contribuent, par un jeu constant entre occultation et visibilité, à la rendre présente», écrit à ce propos Joaquim Dolz.

 

Ciel et enfer

 

Le thème de l'homme et des profondeurs qu'il recèle est donc bien traité, mais la démarche n'en présente pas moins un caractère abstrait. Les silhouettes se muent en autant de modules, répétés sans fin, disposés de manière à simuler des signes, à former des strates. La foule est balayée par un courant qui la divise, la répartit en zones distinctes, qui évoquent les cercles de l'enfer ou les étages de la maison du ciel. L'attention portée au travail pictural contribue à écarter la référence au réel. Il reste, comme sur la grande peinture exposée à la fin du parcours, en guise de point d'orgue, une forme qui se courbe, s'amplifie, se rapproche de la géométrie de l'œuf.

 

Les dessins à l'encre, plus rapides, sont particulièrement intéressants, qui permettent à l'artiste de diversifier les compositions, de tenter de nouvelles formules. Le jeu devient celui de la lumière et de l'ombre, de la lumière qui lutte contre les ombres. Les fonds, assombris jusqu'au noir, font mieux ressortir non seulement le contour des entités mises en scène, ils mettent aussi en évidence les courants intérieurs, les viscères, les pensées qui, mouvantes, suivent leur pente, vont vers leur but. Ce but, qui reste inconnu, est le véritable horizon de ce travail.

 

Maurice Castella

 

 

 Sans titre, acrylique sur toile, 85 x 100cm, 2004

 

 

 

 

 

Maurice Castella

 

 

 Sans titre, acrylique sur toile, 85 x 100cm, 2004

 

 

 

 

 

Maurice Castella

 

 

 Sans titre, acrylique sur toile, 85 x 100cm, 2004

 

 

 

 

 

Maurice Castella

 

 

 Sans titre, acrylique sur toile, 85 x 100cm, 2004

 

 

 cv   ArtSites.ch   *    travaux récents 2013 à la Pinacothèque