ArtSites.ch espace d’artistes
contemporains
Marie Dominique Kessler
Galerie AKIÉ ARICHI / Editions
ARICHI
26, rue Keller
75011 Paris
Exposition mai-juin 2008
S’agit-il d’empreintes, ou de visions ? De graphies pures,
ou d’hallucinations retracées avec fidélité ? Comment en décider ? Tels quels,
ces dessins sur légers papiers de couleurs disent quelque chose, même sous
formes de murmures, ou de secrets enfouis. Ils me parlent, comme ils savent
parler à d’autres. En vérité, je ne sais rien des intentions de Marie-Dominique
Kessler, individu libre, infiniment modeste, mais constant dans sa féminité
accueillante, généreuse, ouverte à tous les possibles. Vise-t-elle
l’impossible, à son tour ? Je ne le crois pas, tout juste désire-t-elle reculer
devant elle l’horizon, le voir verticalement, plutôt que selon la courbure de
la terre de Colomb. Mais avec quelle délikatesse, avec un K, comme un certain
Klee, un certain Kandinsky, un certain Krupka, auxquels elle ne prétend pas se
komparer. Non : Marie-Dominique Kessler réinvente le filigrane de toutes
choses, leur système d’irrigation.
Alain Jouffroy

« Traces II
», monotype et encre sur papier, 67 X
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« C’est en regardant éperdument le monde que me vient le
dessin. Il est attention légère et soutenue, écoute des structures qui naissent
de la croissance, du vieillissement, du déploiement, de la fragmentation, du
mouvement...de l'élan de la vie. Il est questionnement de l’être au monde. Le
dessin devient alors une trace, une sente à suivre dans l’espace de la feuille,
à travers la densité de l’encre, dans la tonalité de la couleur… C’est dans le
quotidien, le simple, l’inattendu pour peu qu'on y prête attention que se donne
le rythme du dessin. Possibilité de rester entre le connu et l’inconnu, dans
cet espace où les choses apparaissent avant qu’elles soient nommées, où elles
se donnent à sentir avant de se donner à dire. »
Marie-Dominique Kessler

« Empreinte
», monotype et encre sur papier, 33 X
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« J’ai cueilli ce brin de bruyère,
L’automne est morte, souviens-t’en. »
Guillaume Apollinaire
Il en est un autre qui «1) par les soirs bleus d’été, allait
dans les sentiers, picoté par les blés, fouler l’herbe menue. » – Aux «2)
quatre saisons d’une âme » qu’importe l’instance de l’éphéméride, à cela, la
réponse de la nature est de toute éternité, à savoir le fait d’un étonnement
renouvelé. Dans un monde tête et poings liés à la surabondance d’images
industrielles de tous ordres, le parti pris de Marie-Dominique Kessler est
celui d’une proposition de sujets d’une discrétion pure, pléonasme s’il en est.
Le choix en question n’est peut-être rien d’autre qu’une invitation à plus
d’attention à ces détails de l’environnement premier dans leur possible
immensité même. Loin de la surabondance iconographique médiatique, ici, il
n’est rappel que de l’importance à peine vue, oubliée, aperçue peut-être de la
linéarité repérée avec finesse dans l’infini du monde végétal. - Les
botanistes, dans leur sens exact de l’observation et de la description sont
certainement des acteurs à part entière du domaine poétique, sans avoir choisi
de plein front le domaine en question, ils y sont reliés par position
métaphorique.
Loués soyez : fleurs, arbres, plantes, feuilles, herbes
grasses, maigres ou folles, paradis à fouler et à regarder de près. Un poète,
qui ne portait pas ce nom, François d’Assise, en a fait un florilège de
cantiques démultipliés, dans le lointain Moyen-âge. Il avait pour ferveur
secrète, rendue publique à travers les siècles et les siècles : l’humilité.
C’est cette part d’ombre que Marie-Dominique Kessler a
choisie comme un autre a choisi « 3) l’aube d’été » pour mieux « l’embrasser ».
L’humilité a peut-être cette avance sur les mots, elle ne se nomme pas, au
risque de se trahir, elle se dessine peut-être…
Joseph Farine
Mai 2008
1)Arthur Rimbaud
2)Alain Jouffroy
3)Arthur Rimbaud

« Irisation»,
monotype et encre sur papier, 33 X
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Il n’y a pas d’un côté le sentiment et de l’autre la raison,
d’un côté le corps et de l’autre l’esprit. L’art n’appartient pas à la seule
sphère de la culture mais a à voir avec le tout de l’existence. Non, l’art ne
donne pas aux hommes et aux femmes un supplément d’âme une fois l’essentiel
conçu et assuré.
Poser une touche de couleur, écrire une note de musique,
dire un poème, engage l’existence humaine d’une manière absolue.
Par fidélité à une telle expérience de vérité, l’art moderne
est indifférent à la beauté conventionnelle, au souci de faire de belles choses.
Comme l’écrit dans ses carnets Alberto Giacometti : « Jamais pour la forme, ni
pour la plastique, ni pour l’esthétique, mais le contraire. Contre, absolument.
»
Fabrice Midal, Petit traité de la modernité dans l’art,
Pocket 2007

"Traces",
monotype sur papier, 67 x
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œuvres
2003 * œuvres
2005 * œuvres 2007
* œuvres 2009
M.D.Kessler
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