dessin - quelques recherches dans la tradition

 Sur l’œuvre de Paul Klee- texte d’Alain Jouffroy tiré de « Clés pour Klee », Une révolution du regard, Gallimard 2008 (1ère réédition)

Les tableaux de Klee sont des itinéraires de voyages à l’intérieur de la nature, et son dessin ressemble au tracé d’un parcours. Cela ne va pas sans risques, sans impasses, sans cercles vicieux. Il revient souvent d’où il est parti. Mais l’œuvre porte témoignage de la recherche et c’est ce qui importe le plus. Le tableau n’est plus une image de quelque chose, mais le lieu de passage d’un homme à la recherche de quelque chose. Les flèches que Klee introduit souvent dans ses compositions n’ont pas d’autre fonction. Le dessin, qui obéissait avant Klee au besoin de cerner un objet ou un être afin de lui donner un maximum de présence, obéit chez lui au besoin de se perdre dans cet objet ou dans cet être afin que s’abolissent toutes frontières entre le « moi » et les « autres », l’ »homme » et le « monde ».

On comprend pourquoi, de cette manière, Klee a dû rejeter la pratique du dessin académique alors que Picasso, par exemple, ne l’a délaissée que pour revenir à Ingres tôt ou tard. Klee n’utilise pas le dessin académique, car celui-ci est exactement contradictoire avec  son intention. On ne peut pas davantage interpréter son dessin comme une tentative de déformation du réel - au sens où les expressionnistes le déforment – puisque de toute évidence il cherche à le réinventer. Aussi ne fait-il pas confiance à ce qui, dans l’art, a déjà servi à d’autres fins. Il se veut vierge de toute expérience artistique antérieure et, s’il examine les œuvres d’art du passé avec une grande attention, c’est dans le but d’y retrouver les traces d’une vision originelle, première, et non pas avec le souci scolastique d’analyser un style. Le sentiment qu’on éprouve, face à ses œuvres, d’être en face d’un univers enfantin vient de là. L’enfant est maladroit, mais sa conscience de la réalité immédiate et visible ne le gêne pas : il explore sans le savoir. Klee, lui, explore consciemment et c’est l’extraordinaire conscience de ce qu’il réalise qui le distingue d’abord de l’enfant.

                                                                                                                                  Alain Jouffroy

 

Recherches exactes dans le domaine de l’art.

Nous construisons et construisons sans cesse, mais l’intuition continue à être une bonne chose. On peut considérablement sans elle, mais pas tout. Sans elle on peut réussir longtemps, réussir beaucoup et diversement, réussir des choses capitales, mais pas tout. Quand l’intuition s’unit à la recherche exacte, elle accélère le progrès de celle-ci de façon saisissante. Et l’exactitude dotée d’ailes par l’intuition a parfois la supériorité. (…) L’inattendu entre difficilement dans des calculs.

(…)  Nous voulons être exacts, sans l’être unilatéralement. C’est là un tour de force, mais qui ne doit pas nous arrêter. Le savoir, aussi loin que possible, est précision. Mais l’imaginaire reste indispensable pour sa part.

Paul Klee, Théorie de l’art moderne, chap. 5

 

-Dessin, Peinture :

 contemporain

 historique

 

-Ecriture :

 contemporain

 historique

 

-Vidéo, Photographie

 contemporain

 historique

 

-Architecture, Design

 contemporain

 historique

 

-Sculpture, Installation

 contemporain

 historique

 

-Bibliographie

 

-Agenda

 

-Evénements CRAC

 

-News letters

 

-Statuts CRAC

 

-Liens

 

-Contact

 

CRAC  Centre de Recherche en Art Contemporain

 

    © ArtSites.ch/CRAC.html, tous droits de reproduction et de diffusion réservés